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4. SYNTOL
L'analyse par facettes fut l'aboutissement d'une longue histoire,
celle des systèmes de classification et des index matières dans
les bibliothèques; et il a été prouvé que l'analyse catégorielle
s'adapte aisément aux systèmes automatisés tels que les enregistrements
MARC. Le système appelé SYNTOL (Syntagmatic Organisation Language,
langage systématique d'organisation) fut conçu par J.-C. Gardin
et ses collègues du C.N.R.S. et de la Maison des sciences de l'homme,
avec le soutien de l'Euratom, précisément en tant que modèle général
d'un système d'indexation automatique. Il s'appuie sur les théories
fondamentales de la structure des langues, notamment celle de F.
de Saussure, et donc peut tout aussi bien s'appliquer aux systèmes
non automatisés. J.-C. Gardin, en tant qu'archéologue, a été conduit
à utiliser l'analyse catégorielle pour identifier les artefacts.
Contrairement à la plupart des autres systèmes, il part d'une analyse
des relations entre sujets et ne cherche pas à dresser des listes
de termes telles qu'on en trouve dans les classifications conventionnelles,
mais plutôt à établir un métalangage auquel on puisse relier d'autres
systèmes. Il consiste en une ossature linguistique codifiée servant
à représenter les données, et en un ensemble d'opérations logiques
permettant de stocker les descriptions de documents et de les retrouver.
SYNTOL a été l'un des premiers systèmes à expliciter la distinction
entre deux modes d'organisation des termes signifiants, le mode
sémantique et le mode syntaxique. À l'exemple de Saussure, il utilise
les deux adjectifs "paradigmatique" et "syntagmatique" pour exprimer
cette distinction. Les relations paradigmatiques sont a priori et
existent dans le monde réel; celui des phénomènes, indépendamment
de la présence d'aucun énoncé ou document. Elles sont reflétées
par la structure des systèmes précoordonnés tels que les classifications
ou les listes de vedettes matières. Les relations syntagmatiques
sont a posteriori et s'appliquent à des énoncés spécifiques ou à
des descriptions spécifiques de documents, comme les énoncés et
les descriptions que fournit l'analyse par facettes de la C.C. ou
d'autres systèmes similaires. Les tables de la C.C. comportent une
seule relation entre genre et espèce, entre partie et tout, entre
objet et processus; l'action de classer un document exprime les
relations syntagmatiques entre les diverses facettes du sujet de
ce document.
Au début, SYNTOL ne fut appliqué qu'à un petit nombre de disciplines:
la physiologie, la psychologie, la sociologie et l'anthropologie
culturelle. Mais il est vrai, comme l'affirment ses auteurs, qu'un
système d'analyse documentaire qui réussit dans des disciplines
dont le langage est loin d'être standardisé se montrera probablement
utile dans les domaines où la terminologie est plus précise. SYNTOL
spécifie en outre deux groupes de facettes distincts: Source et
Thématiques. Dans Source, les rubriques se réfèrent à des attributs
physiques comme la forme, la langue et la date; la facette Thématiques
inclut les Êtres (personnes ou groupes), le Thème (catégorie de
phénomènes telle que la parenté ou la religion), le Temps (évoque
des événements), l'Espace (lieu où se manifestent les personnes
ou les événements) et le Mode (la manière générale d'aborder le
sujet: historique, critique, etc.). Cette terminologie fait ressortir
l'intention qui anime l'analyse, comme dans les catégories fondamentales
de Ranganathan, et ce système a influencé une grande partie des
recherches ultérieures, en particulier pour l'indexation des objets
archéologiques.

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